Une vie professionnelle épanouie: l'orientation académique est la clé

Bienvenue dans cet article qui porte principalement sur l'orientation académique et son impact sur l'avenir de nos enfants, petits frères et cadets. J'essaierai de présenter ma vision, et un essai de réflexion sur le sujet. Il me tient à coeur depuis quelques années, et j'ai décidé de m'y pencher et trouver des solutions à mon niveau.
Bonne lecture.
Contexte
Il est vrai que le titre parle directement d'orientation, mais il s'agit en fait d'une cause que j'ai trouvé au chômage et aux multiples reconversions professionnelles forcées que nous observons en Afrique et au Cameroun en particulier. Enormément de jeunes sont formés par nos universités dans des domaines variés, mais ne sont pour la plupart pas employés dans ces domaines après leurs études; résultats des courses, des reconversions professionnelles forcées. Du diplômé en chimie devenu commerçant, au diplômé en logistique et transport devenu coach en développement personnel. Et il s'agit là des plus chanceux, d'autres ne parviennent même pas à se reconvertir et "se débrouillent" au jour le jour comme on dit au pays. Après des années d'observation dans mon environnement, je me suis rendu compte que pour la plupart, ils avaient quelque chose en commun: la mauvaise orientation post-baccalauréat, ou pire, l'absence d'orientation.
Existant
Dans presque tous les établissements secondaires du Cameroun, il y a une cellule d'orientation et un conseiller d'orientation. Son rôle est d'accompagner les élèves dans leurs choix de carrière, quelles sont les études à faire ? Où les faire ? Qu'est-ce qui est viable ? Le problème est que ces cellules d'orientation sont pour la plupart sous exploitées, et dans mon cas, le conseiller n'était pas très utile. Simplement parce que ses informations étaient obsolètes. La vérité est que arrivé en terminale, peu d'élèves savent ce qu'ils feront après le bac (nous connaissons tous au moins un jeune dans cette situation), malheureusement je n'ai pas de statistique intéressante à ce propos au Cameroun. Mais vous pouvez consulter cette étude.
Le résultat direct est que le jeune bachelier essaie un ensemble de concours d'entrée dans les grandes écoles, et au pire se dirige dans une université. Le souci est que ces grandes écoles ne peuvent pas accueillir tous ces bacheliers. On décompte en 2024 environ 50 000 bacheliers, bien que le pourcentage de réussite était très bas; habituellement, ce chiffre avoisine les 85 000 - 95 000. Tous ces bacheliers se discutent environ 15 000 places (ceci est une estimation, je n'ai pas trouvé de statistique, j'avais effectué le calcul moi même il y a quelques années) disponibles dans les grandes écoles, les plus chanceux sortent du pays, certains arrêtent l'école pour diverses raisons, et ceux qui continuent sont obligatoirement redirigés dans les universités publiques ou privées.
Par manque d'orientation pour la plupart, ils se retrouvent dans des filières par suivisme, ou pour des raisons plus farfelues (j'aime les maths, je n'aime pas les maths, ...) sans avoir de plan prédéfini. Au bout de 3 à 5 ans, ils ont obtenu leur diplôme, mais ne savent pas quoi en faire. Le marché non plus n'est pas prêt à les accueillir, ils n'ont pas de compétences recherchées. C'est dans cet engrenage que la plupart de nos jeunes est coincée.
Ma proposition
Elle se résume en 3 questions au jeune: Qu'est-ce que tu aimes ? Ce que tu aimes peut il te permettre de vivre décemment dans notre contexte (Cameroun) ? Ta formation t'est elle accessible ?
Pour les réponses à ces questions, le jeune doit être encadré d'ainés, de parents, de et/ou conseiller d'orientation plus expérimentés. Il faut noter que plus tôt cet exercice est effectué, mieux c'est. Il n'est pas intéressant d'attendre quand l'enfant est en terminal pour le faire, ça peut commencer dès la classe de 3eme et s'affiner jusqu'à son baccalauréat. Allons y en détail sur chacune de ces questions.
Qu'est-ce que tu aimes ?
Cette question permet de savoir si le jeune a déjà une idée de ce qu'il souhaite faire comme métier ou profession plus tard, pour savoir s'il y a déjà réfléchit, mais ce n'est pas grave si ce n'est pas encore le cas. Vous pouvez l'aider à trouver sa voie, à trouver son ikigai. Pour ceux qui ne connaissent pas le concept, il nous provient du Japon, et signifie littéralement raison d'être, il permet de trouver sa voie à l'aide d'un diagramme assez intuitif, je recommande cette technique comme point d'entrée pour aider votre enfant/cadet dans son choix.

Ce que tu aimes peut-il te permettre de vivre décemment dans notre contexte ?
Cette question est très délicate, et le jeune doit absolument être aidé. Pour les plus consciencieux, ils ont déjà fait des recherches. Cette question est délicate parce qu'elle détermine le marché qui prédomine dans l'environnement dans lequel il évoluera. Si le jeune évoluera au Cameroun, il n'est par exemple pas intéressant de l'orienter dès le début vers des métiers de construction aéronotique, simplement parce que ce marché est quasiment absent ici, un autre exemple c'est avec les métiers artistiques comme peintre. Il est important d'être épanoui dans ce que l'on fait, mais si ça ne nous permet même pas de nous nourrir, il s'agit plus d'un calvaire qu'autre chose. Bien que des études dans ce sens sont rares, vous trouverez quand même quelques unes comme celle-ci. N'hésitez pas à prendre des avis et conseils de professionnels de divers domaines autour de vous.
Ta formation t'est elle accessible ?
Pour cette question, il s'agit principalement de l'accessibilité financière, géographique et intellectuelle. Est ce que tu es capable (ou tes parents) de payer les frais liés à cette formation ? Est ce que tu as des contraintes liées à la localisation de la formation ? Est ce qu'il y a un concours à passer ou une étude de dossiers ? Es-tu eligible ?
Comment interpréter les réponses et quelles actions prendre ?
Nous verrons dans cette section les différentes combinaisons de réponses et les actions à mener avec. Pour cela voici comment nous allons les encoder:
Q1: Qu'est-ce que tu aimes ?
Q2: Ce que tu aimes peut-il te permettre de vivre décemment ?
Q3: Ta formation t'est elle accessible ?
Cas 1: Q1 (Sait ce qu'il aime), Q2 (Oui), Q3 (Oui)
C'est le combo parfait, si votre enfant ou cadet est dans cette situation, encouragez-le, accompagnez-le, et soutenez-le.
Cas 2: Q1 (Ne sait pas ce qu'il veut)
Lors qu'il ne sait pas encore ce qu'il veut, il n'est pas possible d'avoir les réponses aux questions suivantes. Ce qu'il se passe c'est qu'il doit être guidé pour trouver sa voie. Mais il faut noter que c'est très difficile, et lui mettre la pression est la pire chose à faire. Au pire s'il ne parvient pas à choisir de lui même, vous pouvez lui recommander des voies, mais en faisant clairement une étude du marché pour au moins avoir Oui dans les deux autres questions.
Exemple: Mon petit frère ne sait pas ce qu'il souhaite faire plus tard, je lui recommande de faire dans l'informatique parce que le marché est vaste et la demande est croissante. Il pourra très bien vivre de ce métier, et enfin des offres de formations sont disponibles et accessibles dans notre contexte.
Cas 3: Q1 (Sait ce qu'il aime), Q2 (Non), Q3 (Oui ou Non)
Dans ce cas c'est la stabilité sociale de votre enfant/cadet qui est en jeu. Bien qu'il sache ce qu'il veut faire dans la vie, vous estimez que ça ne lui permettra pas de vivre décemment. Un exemple dans notre contexte, ce sont les métiers liés à l'art comme la peinture; peu importe si les écoles sont accessibles ou pas, ça change la donne. Et ce que je recommande c'est comme dans le cas précédent, l'aider à trouver une voie dans laquelle il s'en sortira mieux, et il pourra continuer ce qu'il aime en tant que hobby, et qui sait, revenir dessus à plein temps quand il sera suffisamment stable.
Il s'agit des 3 cas les plus intéressants que j'ai identifié, et si vous en voyez d'autres, n'hésitez pas à laisser un commentaire, je serai ravi de vous lire.
Compromis passion-finance
La passion c'est l'énergie. Ressentez le pouvoir de vous concentrer sur ce qui vous passionne.
Oprah Winfrey
Dans notre environnement nous négligeons beaucoup la passion dans nos vies, c'est exactement l'objectif de la première question. Mais le souci est que le contexte ne permet pas toujours de vivre de sa passion, comme observé dans le Cas 3. C'est à ce moment qu'un compromis doit être fait entre cette passion, et les finances nécessaires pour vivre décemment. La passion ne nous quitte pas, et sa flamme continuera de bruler en nous, et nous pouvons l'embraser tout en gagnant de l'argent pour vivre. En occident il est récurrent de voir des personnes quitter leur emploi à un certain age, pour vivre leur passion. Nous devons normaliser ce genre de pratique et recentrer notre vie autour notre épanouissement.
Conclusion
Si tu es arrivé(e) jusqu'ici, c'est que ce sujet t'intéresse vraiment et que tu te soucies des jeunes et des enfants dans ton entourage, merci. Dans cet article je fais un essai de réflexion avec proposition de solution sur un problème qui me gène sérieusement dans notre contexte. Je ne dis pas que c'est le seul problème et la seule cause du chômage ou de la reconversion professionnelle forcée, mais je suis un partisant du pragmatisme et du stoïcisme, et je me dis que c'est inutile de s'attarder sur des choses sur lesquelles nous n'avons pas de pouvoir. Je préfère donc me concentrer sur les éléments sur lesquels je peux, nous pouvons avoir de l'impact.
Je suis ouvert à toute proposition et/ou échange dans ce sens. Merci d'avoir tout lu.
